• En septembre prochain sortira dans la collection Lunes d'encre, l'édition française de The Library at Mount Char, la fantasy-culte de Scott Hawkins. La Bibliothèque de Mount Char, traduit de l'américain par Jean-Daniel Brèque. Sans objectivité aucune, ce sera un événement ; ce qui vaut bien un entretien avec l'auteur.

     

    Entretien avec Scott Hawkins

     

    [Lunes d’encre :] La Bibliothèque de Mount Char est votre premier roman. Les lecteurs français ne vous connaissent pas. Pouvez-vous vous présenter à eux ?

    [Scott Hawkins :] J’écris de la fiction depuis que j’ai douze ans, environ, mais j’ai fait mes études dans le domaine de l’informatique. Je travaille comme programmeur pour une grosse entreprise de la région d’Atlanta. Ma femme Heather et moi vivons dans les bois au nord de la ville. Une horde de chiens complète notre petite famille.

     

    [Lunes d’encre :] Comment le roman est-il né ? Combien de temps a duré sa rédaction ?

    [Scott Hawkins :] J’ai une façon d’écrire disons inhabituelle. Je ne commence jamais avec idée précise de toute l’histoire. Au tout début du processus créatif, j’essaye juste de noter quelques scènes qui me semblent intéressantes, sans trop me soucier de savoir comment elles vont s’imbriquer. Dans ce roman, il y a trois scènes centrales (je vais rester vague pour ne pas divulgâcher). La première se situe dans un bar : une femme demande à un homme – qu’elle vient juste de rencontrer  –  de cambrioler une maison. Dans la seconde, un homme court dans une banlieue résidentielle, poursuivi par une meute de chiens féroces, pour être finalement sauvé d’une manière surprenante.

    Quand j’ai trois ou quatre scènes comme ça, je commence à les mélanger, comme des cartes à jouer, pour voir si de nouvelles idées, plus larges, émergent au sujet des personnages ou de l’intrigue. A ce stade, j’essaye de garder l’esprit ouvert. Quant à la troisième scène, il s’agit d’un pique-nique entre voisins qui tourne à la tragédie ; ça m’a semblé être une bonne scène d’ouverture. Dans le manuscrit final, cette scène intervient presque à la toute fin.

    Il m’a fallu à peu près six mois pour parcourir le chemin qui sépare la page blanche du premier jet. Et trois mois de plus, pour réécrire le tout. Mais ces trois mois ont eu lieu après un an d’échanges entre mon agent, mon éditeur et moi-même.

     

    [Lunes d’encre :] La Bibliothèque de Mount Char est une fantasy très inhabituelle (de mon point de vue, c’est plus un roman de science-fiction qu’une fantasy). Après avoir fini ma première lecture, je n’ai pas pu m’empêcher de penser aux comics d’Alan Moore, à des séries comme Hellboy ou Preacher. Ces références m’ont semblé alors beaucoup plus prégnantes que n’importe quelle autre référence littéraire rattachée à la fantasy. Etes-vous un lecteur de comics ? Etiez-vous conscient de cet aspect de votre roman ?

    [Scott Hawkins :] Je suis définitivement un lecteur de comics, et en particulier un grand fan d’Alan Moore. Je pense qu’une partie des similarités entre La Bibliothèque de Mount Char et les comics prend sa source dans ma volonté de jouer mon rock à onze sur des amplis gradués jusqu’à dix. Tout ce qui concerne les Bibliothécaires – de leur éducation extrême jusqu’à leurs animaux de compagnie – a été conçu de façon outrée. Je voulais que le lecteur sente la mythologie émerger de cette outrance volontaire.

    Cela dit, écrire cette histoire sous forme de roman m’a demandé un effort. Alan Moore a souvent expliqué pourquoi Watchmen ne pouvait être raconté proprement qu’en comics. Je comprends ce qu’il veut dire : l’histoire qu’il raconte est intimement entrelacée à son medium. Par exemple, il y a beaucoup de gags visuels dans Watchmen qui ne pourraient pas fonctionner si on essayait de les traduire en prose. Le film est aussi fidèle que ce qu’on était en droit d’espérer, mais beaucoup de choses se sont toutefois perdues au cours du processus d’adaptation.

    Au final, j’ai essayé de façonner la Bibliothèque de Mount Char avec le seul outil de la prose. Par exemple, les premiers essais de l’affrontement entre le protagoniste et son antagoniste ressemblaient trop au scénario d’un film d’action. Ça aurait sans doute marché sur grand écran et, parfaitement, en page de droite dans un comics. Sous forme de prose, ce n’était pas très bon. J’ai donc changé le registre du combat, remplaçant les muscles et les explosions par une certaine forme d'énergie.

     

    [Lunes d’encre :]  En France H.P. Lovecraft est très populaire. Peut-on voir un hommage aux mondes de Lovecraft dans La Bibliothèque de Mount Char ?

    [Scott Hawkins :] Oui, bien sûr. J’avais en tête quelque chose de très lovecraftien quand j’écrivais sur le monde des Bibliothécaires. Les ennemis de Père sont présentés comme des êtres extrêmement puissants, et même si on ne les devine pas forcément malfaisants, on les sens indifférents au bien-être de l’humanité. Il y a deux ou trois références explicites. Il est mentionné que Père oblige un des Bibliothécaires à soumettre un Profond, ça vient directement du « Cauchemar d’Innsmouth ». Il y a aussi un peu des « Montagnes hallucinées » dans Q-33 Nord. Et encore d’autres références, ailleurs. Je lis Lovecraft depuis que j’ai douze ans et j’ai bien conscience qu’il a influencé mon univers mental de bien des façons.

    Je devrais sans doute signaler qu’il y a aussi quelques clins d’œil à un précurseur de Lovecraft : William Hope Hodgson. Il a écrit au sujet d’un futur lointain où l’humanité vit dans une pyramide noire assaillie par des monstres [NDE : Le Pays de la nuit].

     

    [Lunes d’encre :]  Carolyn a l’habitude de dire « La magie n’existe pas ». Vraiment ?

    [Scott Hawkins :] Comment dire… Oui et non. C’est vrai dans le sens qu’elle ne pense pas mentir en disant cela et, dans une certaine mesure, elle ne peut pas parler de ce sujet d’une façon compréhensible pour nous autres. Ça serait comme parler H2O avec un poisson – vous et moi ne considérons pas l’eau comme le font les poissons. Nous manquons d’éléments de vocabulaire communs pour que les poissons comprennent la même chose que nous sur ce sujet précis.

     

    [Lunes d’encre :]  Quels sont vos projets maintenant ? Travaillez-vous sur une suite ? J’ai lu que vous aviez commencé une nouvelle située dans l’univers de la Bibliothèque de Mount Char, l’avez-vous achevée ?

    [Scott Hawkins :] Je tourne autour de l’idée d’une suite. J’aimerais beaucoup m’y remettre – ces personnages me manquent. Ceci dit, je ne veux pas commencer avant d’avoir une vague idée de cette nouvelle histoire, où elle va. Selon moi, beaucoup d’histoires auraient été bien meilleures si elles n’avaient pas été gâchées par un préquelle ou une suite.

     La nouvelle dont vous parlez tient un rôle central dans mon hésitation. Je pensais écrire sur ce qui se passerait un an après la fin du roman, mais en fait c’est plus facile à dire qu’à faire. J’ai eu beaucoup de mal à écrire quelque chose de court – sur le devenir du personnage principal – qui soit à la fois satisfaisant et plausible. J’ai passé six semaines dessus, puis j’ai laissé tomber.

    Ceci précisé, je crois qu’il y a vraiment matière à écrire quelques histoires sur les Bibliothécaires qui sont un peu négligés dans le roman. J’espère produire bientôt une ou deux nouvelles dans cette veine. Mais en ce moment, je suis concentré sur mon second roman.

    Il n’a pas de rapport direct avec La Bibliothèque de Mount Char, mais c’est une fantasy du même genre, située dans le monde moderne. Ça raconte l’histoire d’une mathématicienne qui vit en bordure de forêt avec de nombreux chiens. Une nuit, les chiens commencent à lui parler. Et après la réalité dérape.

     

    [Entretien traduit de l’américain par Gilles Dumay, au prix de quelques arrachages capillaires non négligeables. Remerciements à Alexandre Lienard pour son aide active dans la lutte contre la calvitie du traducteur amateur.

    Merci à Noémie Rollet de l’Agence Bénisti. A Julian Pavia de Crown.]

     

    Entretien avec Scott Hawkins

     

     

     

     

     


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  • Romain Lucazeau, Latium est votre premier roman, les lecteurs ne vous connaissent pas. Pouvez-vous présenter ?

    J'ai été, au début de ma carrière, chercheur en philosophie politique, à la Sorbonne et à Sciences-Po, après être passé par l'Ecole Normale Supérieure de la rue d'Ulm et une agrégation de philosophie. Un MBA au Collège des Ingénieurs plus tard, je suis devenu consultant auprès des directions générales de grandes institutions publiques, françaises et étrangères. Je me considère comme un scribe ayant pris la clé des champs.

    Ma bifurcation hors de l'institution universitaire, en 2008, a également marqué le début de mon activité d'écriture de science-fiction. Je considère ma production comme une approche non conventionnelle, ironique, du travail philosophique du concept, une sorte de méthode de libre-pensée.

    J'aimerais ressembler – un peu – à Cyrano de Bergerac, le vrai, l'auteur des Etats et Empires de la Lune. Je produis tout de même de très sérieux rapports et articles sur des sujets tels que l'innovation, la compétitivité ou la robotique.

     

    Avant d'achever l'écriture de Latium, vous avez publié quelques nouvelles. Comment passe-t-on de textes courts à un roman de science-fiction en deux parties de plus de 1200 pages ?

    Ne sous-estimez pas la difficulté de passer d'un roman de 1200 pages à une micro-nouvelle de 300 caractères : j'ai reçu avec une joie immense deux des récompenses du prix Pépins en 2016.

    Plus sérieusement : le saut de l'ange ! J'avais publié une dizaine de nouvelles plus ou moins sérieuses, reçu quelques prix (Vision du futur, Prix du festival de Bagneux, Prix de la nouvelle aux Imaginales d'Epinal). Et là, fin 2010, je sentais le besoin d'écrire ce roman. Latium n'est pas mon projet initial, qui est quelque chose de plus (ou de trop) ambitieux, et que je réaliserai, je l'espère, plus tard. J'ai écrit un scénario de 200.000 signes en un mois, et j'ai vu que j'aurais besoin de cinq ou six ans pour en faire quelque chose.

    Les principaux matériaux de cet univers se trouvaient déjà, d'une manière ou d'une autre, disponibles. J'avais produit une série de textes théoriques croisant science-fiction et philosophie pour une revue québécoise, Brins d'éternité, dont Descartes regardant Goldorak à la télévision¸ Marx, le sexe et les robots, et Promenade dans une conscience, qui traitent de thèmes qui me tiennent à cœur, en particulier l'articulation entre liberté métaphysique et cybernétique. J'avais déjà esquissé, dans plusieurs nouvelles, des épisodes de Latium, comme l'incarnation d'une intelligence artificielle ou d'un vaisseau spatial dans un substrat biologique.

    Plus profondément, j'avais une vision esthétique assez précise : faire un revival d'Antiquité (mais pas la vraie, pas celle des archéologues… la nôtre, pour ainsi dire, celle réinventée par le Grand Siècle), mâtiné de space opera.



    Latium est à fois un space opera et une uchronie avec un point de divergence identifiable. En quoi l'aspect uchronique était-il nécessaire à votre projet ?

    Premier niveau de réponse : l'uchronie est une condition du scénario. L'écriture de Latium n'a pas pour première motivation de raconter une histoire, ou de dérouler une intrigue, mais a pour point de départ une esthétique et un questionnement métaphysique, tous deux très classiques.

    J'avais envie de rendre hommage à un monde en voie de perdition, celui dans lequel je suis rentré un peu par hasard, et sans trop savoir de quoi il s'agissait, en poussant la porte de la khâgne. Sans faire de politique, je pense qu'il existe une vertu spécifique dans la conservation et la célébration des grandes et belles choses de l'esprit. La culture antique et la philosophie classique en font partie.

    Il fallait donc justifier l'existence d'intelligences artificielles portant des noms grecs et latins, et dont la névrose consiste à se prendre pour des princes et des princesses du théâtre classique. L'univers de Latium tout entier découle de cela. C'est de la rétro-ingénierie.

    Au-delà, l'uchronie est un dispositif qui répond à un questionnement sur la légitimité de l'écriture de la science-fiction en France. Le genre obéit viscéralement à des logiques anglo-saxonnes. Essayer de faire comme les auteurs américains, pour un français, est à mon avis suicidaire. Je réfléchissais depuis le début à une manière de reconstruire les règles du genre sur une base qui soit congruente avec un fond culturel qui est le mien. Dans Latium, je donne la version Grand Siècle des lois de la robotique d'Asimov.

    Dans cette perspective, en-deçà de la référence antique comme contenu, il y a un désir de faire de la littérature psychologique, d'explorer les affres du soi face au monde et face à l'inconnu en soi – la passion, la folie, le temps, le souvenir et la nostalgie, la dégradation des corps, la perte du sens. Et donc de replacer mon œuvre dans un continuum littéraire qui n'est pas celui de la science-fiction anglo-saxonne, bien qu'elle s'y réfère.



    Une réflexion poussée sur la conscience, nourrie de la philosophie classique et antique, est au centre de votre fresque, pourquoi ?

    Latium est bien plus un manuel de philosophie à l'usage des robots qu'un roman d'anticipation. Je ne cherche pas tellement le merveilleux scientifique, qui est pourtant une autre composante de la littérature de science-fiction à la française, depuis Jules Verne. Ma réflexion sur le genre repart de celle, lumineuse, exposée par Serge Lehman sur la relation entre science-fiction et métaphysique. J'adhère à l'idée selon laquelle la science-fiction se constitue par inversion de la métaphore et du réel, où la première devient un constituant du deuxième, et non une simple manière de le décrire, puis par une déduction très rigoureuse des implications de cette inversion. Dans le cas de Latium, le sous-jacent est cette métaphore très classique, très ancienne, du déterminisme. Elle s'exprime dans l'idée que nous sommes des marionnettes, des jouets, des personnages de théâtre dont le script est déjà fixé, et que nous déroulons du mieux que nous pouvons cette partition écrite par d'autres, qu'il s'agisse du destin, d'une divinité quelconque ou de nos déterminations sociobiologiques.

    Leibniz, de mon point de vue, pousse le plus loin cette idée. D'un côté, il y a cette thèse que les corps et les âmes sont parallèlement mus par des déterminations fixées de toute éternité par un dieu horloger et mathématicien. D'un autre, et c'est tout aussi important, le comportement des choses et des âmes fait système dans une harmonie préétablie, et l'univers est un macrocosme organisé, dans chaque partie duquel se déploient des microcosmes cohérents, et ainsi de suite, de manière fractale. Cette théorie me fascine. J'ai voulu l'illustrer dans les descriptions des nefs stellaires, qui sont autant de petits mondes miniatures, contenant eux-mêmes des mondes.

    Un tel déterminisme métaphysique fait pièce à une vision plus héroïque de la liberté individuelle comme courage et autonomie face au monde, qui est cartésienne. La tradition théâtrale française dont je m'inspire hésite entre ces deux approches, ou plutôt les problématise : sous l'apparence classique d'ordre et de mesure, de maîtrise de soi stoïcienne, le désordre baroque, le vertige des mises en abîme successives. Sauf que rien n'est simple, que Dieu est mort, et que les personnages de Latium passent leur temps à chercher leur metteur en scène, sans réussir à le trouver – quand ils ne tentent pas vainement de s'y substituer.

    Des puristes me feront remarquer que je commets un contresens sur la pensée de Leibniz. Il est délibéré. Ce travail de travestissement, de reconstruction, de traverse me semble essentiel. Je pense que la SF fonctionne souvent comme ça. Damasio, dans La Horde, fait (de mon point de vue en tout cas) quelque chose de similaire avec Deleuze, non dans le contenu, mais dans le geste. Il en va sans doute de même de Frank Herbert avec Marcuse, ou de Iain M. Banks avec Hegel et Fukuyama.

    Après, plus globalement, j'emploie un langage et des références philosophiques pour créer un arrière-monde cohérent culturellement (le pythagorisme et le platonisme, en particulier), et les clins d'œil à Platon ne fonctionnent parfois que comme des éléments de couleur locale.

    Mais il est aussi question de s'amuser. J'ai construit une part de Latium en m'inspirant (à ma modeste échelle) d'Umberto Eco : le palimpseste, les références emberlificotées, à plusieurs niveaux, font partie du jeu avec le lecteur. J'explique à un moment pourquoi les humains n'ont pas d'âme, tandis que les intelligences artificielles en ont une.



    Pourquoi réinventer la pièce Othon (de Corneille) avec des intelligences artificielles ?

    Pour la même raison que l'uchronie. Ma question était : dépeindre des princes et des princesses tourmentés, certes, mais en proie à quoi ? Dans le théâtre classique, les personnages sont confrontés à des tensions dialectiques extrêmes, par exemple à la confrontation entre leur passion et l'ordre politique ou moral. Nous autres post-modernes avons la sensation que nous ne connaissons pas ce genre de troubles. Nous vivons dans l'illusion permanente de la totale détermination de soi, de la liberté. Le concept de conflit intérieur ne signifie plus rien pour nous, d'où d'ailleurs un certain appauvrissement de la littérature psychologique française à la fin du XXième siècle, Houellebecq excepté (mais avec une approche plus flaubertienne, qui n'a rien de dialectique).

    Les intelligences artificielles, avec leur programmation initiale, qui peut se heurter au surgissement de la liberté et de la conscience de soi, constituent un dispositif favorable au conflit intérieur. L'utilisation du théâtre cornélien s'inscrit là-dedans, et se prête à une robotisation – avec une nuance : elle est problématisée par la référence à une œuvre de Racine, qui met en scène ce qui est plutôt de l'ordre de la dynamique passionnelle, bien humaine celle-ci. Je n'en dis pas plus pour ne pas dévoiler des parties de l'intrigue.

    Au-delà du jeu de mots, j'ai découvert Othon en lisant Corneille et la dialectique du héros de Serge Doubrovsky, et cette pièce très spéciale dans le répertoire cornélien m'a fasciné. Les personnages, en particulier Othon, présentent une sorte de décalage constant entre leur langage, qui est celui de l'honneur et des principes, de l'amour galant, du sacrifice, et leurs comportements, qui consistent à changer le cours de leurs actes, en fonction des rapports de force. Othon, c'est Le Cid où l'héroïsme se retrouverait remplacé par les calculs politiques de bas étage. Et ainsi, la volonté libre du héros cornélien disparaît, au profil de déterminations contingentes. La girouette n'est libre de rien : c'est le vent qui décide dans quelle direction elle se porte. Le conflit intervient dans ce dispositif lorsque quelqu'un relève la tête, et aspire à sortir du jeu, à retrouver le sens moral, la paix ou la poésie du monde. Face à Othon, c'est Plautine, de mon point de vue le personnage principal de Latium, qui incarne cette tentation. Je pense qu'il n'y a rien de plus contemporain que cet enjeu.

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    Latium T1 paraîtra le 3 octobre

    Latium T2 paraîtra le 4 novembre

    Les blogueuses/blogueurs qui voudraient recevoir le tome 1 en SP (quantité limitée) peuvent me contacter, via ce blog ou via mon adresse lunesdencre chez Denoël.

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