• Pierre Jouan évoque...

  • Commentaires

    1
    CanardCosmique
    Dimanche 21 Août 2011 à 12:51

    Son avis recoupe un peu le mien. Je suis bien embêté avec ce livre, je l'ai trouvé assez prenant et j'ai pris plaisir à le lire mais au final je suis tenté de dire : tout ça pour ça ? Tout le monde n'arrête pas de dire que c'est le plus "grand public" de RC Wilson... je ne trouve pas. Ce n'est pas parce que le côté SF est plus light qu'il aura forcément plus de succès que Spin... Bizarre bizarre, j'ai hâte de voir ce que ça donne au niveau des ventes ! :)

    2
    Dimanche 21 Août 2011 à 19:48
    LesLecturesdeCachou

    Plus grand public ne veut pas forcément dire plus de succès assuré, juste "plus facile d'accès pour des personnes qui ne sont pas habituées à lire de la SF ou qui ne sont pas attirées par ce genre". De tous les RCW que j'ai lus, celui-ci est certainement le plus à même de plaire à mes amis n'aimant pas la SF, "La cabane de l'aiguilleur" venant juste après. Par contre, ce ne serait certainement pas celui que je recommanderais à quelqu'un qui aime la SF.

    Après coup, je me rends compte qu'il m'en reste moins que ce que je pensais. J'en garde un souvenir agréable, mais moins enthousiaste qu'initialement.

     

    3
    CanardCosmique
    Lundi 22 Août 2011 à 10:48

    Je ne trouve pas qu'il soit plus facile d'accès que Spin. Les personnages sont moins intéressants, le style "on va faire un roman à la Mark Twain" (comme tout le monde semble le dire, je ne savais pas d'ailleurs que Mark Twain était autant lu par chez nous...) ne me paraît pas plus grand public, au contraire. Le roman se lit bien mais il n'y a pas le suspense accrocheur de Spin. Et puis le pavé va faire peur à plus d'un lecteur potentiel. Je pense que le succès de Spin est dû au fait qu'il a dépassé le lectorat SF pur, je me souviens l'avoir conseillé à des clients qui n'étaient pas attirés par la SF (mais qui certes n'étaient pas hostiles à découvrir le genre) et cela à bien fonctionné. Julian est une lecture agréalble comme tu dis, mais pour ma part je ne vois rien de génial dedans (alors qu'une bonne partie des critiques semblent s'emballer). Je te conseille Les chronolithes du même auteur, pour le coup il est un peu plus SF cérébrale que Spin, mais avec ce dernier c'est l'un de ses meilleurs livres.

    4
    Lundi 22 Août 2011 à 21:24
    LesLecturesdeCachou

    L'argument pavé n'est plus d'actualité je pense ^_^:  apparemment les gens en recherchent maintenant. Ma bibliothécaire m'a même dit que les ados allaient d'office vers les "briques", avec l'idée qu'un livre plus gros sera plus rempli d'aventures (je ne dis pas qu'elle est pertinente, par contre, cette idée).

     

    Mais là encore, ce n'est pas une question de personnages plus ou moins intéressants, ça n'a rien à voir avec les mérites du livre. C'est une histoire d'accessibilité. Il faut quand même reconnaître que ce livre est  plus facile à comprendre (et, disons-le, plus basique) que les autres du monsieur. Ce n'est donc pas une question de qualité du récit (que je ne peux d'ailleurs comparer à  "Spin" que je n'ai pas encore lu - ça ne saurait tarder, je le gardais pour la fin, tout  comme "Les Chronolithes", et il ne me reste plus que "Mysterium" à lire avant ces deux-là), mais bien le fait que "Julian" semble posséder ce qui attire un plus grand public: de l'aventure, un côté "mignon", une histoire qui met en exergue les "bonnes valeurs". A la limite, c'est ce côté consensuel qui le rend plus accessible. Je me vois bien le conseiller à un de mes élèves, alors que je ne les sens pas prêts pour d'autres, et que même "Darwinia" (que j'avais mis dans une de mes listes de lecture au cas où) ne les attirera pas.

     

    Donc ce n'est pas parce qu'il est génial que je le considère plus accessible, mais parce qu'il est plus facile à lire, plus facile à comprendre, plus facile à aimer (mais, du coup, est moins aimé de ceux qui ont l'habitude de récits plus complexes chez cet auteur).

     

    Pour donner un exemple: "Brooklyn Follies" n'est certainement pas le livre le plus abouti de Paul Auster, ni même mon préféré  de l'auteur. Mais il est plus facile d'accès que ses autres romans qui emmènent parfois le lecteur dans de drôles d'endroits dans lesquels ils ne sont pas prêts à aller. Il possède une histoire travaillée mais pas trop complexe, il est rempli de "bons sentiments" aussi sans ce côté un peu amer que l'on retrouve souvent dans les récits de l'auteur, il est intéressant sans être difficile. Il est donc plus accessible, et ça a d'ailleurs été pour beaucoup une porte d'entrée dans l'univers d'Auster. "Julian", c'est un peu le "Brooklyn Follies" de Robert Charles Wilson.

    5
    CanardCosmique
    Mardi 23 Août 2011 à 11:10

    Je continue de ne pas être d'accord ! :)

    Pour moi Julian c'est 800 pages (ou plus je n'ai pas le livre sous les yeux) de second degré, d'écriture "à la manière de ou à la untel", et donc à mes yeux une farce littéraire (de qualité certes) beaucoup trop longue pour le fameux "grand public".

    Quand tu auras lu Spin, ou même les chronolithes tu me diras ce que tu en penses, mais je persiste à dire que ces deux romans sont bien plus accrocheurs que Julian, qui est plaisant mais possède de sacrées longueurs qui peuvent faire décrocher n'importe lequel des lecteurs, aussi simple l'histoire soit-elle.

    Quant au débat sur le pavé qui fait peur... notre vision est différente (sauf pour les ados où je suis d'accord avec toi). Je t'assure qu'en librairie conseiller à un client qui n'est pas spécialement attiré par la SF un pavé de 800 pages n'est pas une mince affaire...

    6
    Gilles Dumay Profil de Gilles Dumay
    Mardi 23 Août 2011 à 12:03

    Juste une précision : 600 pages, pas 800 (et c'est déjà beaucoup !)

    7
    Mardi 23 Août 2011 à 12:22
    LesLecturesdeCachou

    800 pages, c'est le Mal de toute manière, ça tue les épaules (pour ceux qui se baladent avec leur livre dans leur sac)(pour ceux qui ont un sac)(non, je ne dis pas celles, je connais des "ceux" à sac...). Remarquez, 800 pages en poche, c'est déjà moins le mal que 800 pages en grand format. Mais bon, de toute façon, c'est quand même paresseux, un lecteur, quand on y pense...

     

    Donc il faut que je lise "Spin" et "Les Chronolithes" pour pouvoir répondre. Arch, zut. C'est prévu, hein, mais pas tout de suite, j'ai des livres de la bibliothèque à lire, dont "Le fleuve des dieux" (qui fait 600 pages, pas 800, donc ce n'est pas le Mal)(mais il ne verra quand même pas mon sac celui-là, un lumbago, c'est bien suffisant dans la vie d'une lectrice, je n'ai pas envie d'en provoquer un second).

     

    Par contre, pour le "faire décrocher", je ne sais pas, j'ai quand même réussi à finir un roman dont plus du tiers est occupé par des réccits de guerre sans m'ennuyer. Et je déteste les récits de guerre (mais vraiment)(beaucoup). Il doit donc y avoir quelque chose qui m'a poussé à lire, non? Surtout quand je compare ma lecture de "Julian" à l'expérience trèèèèèèèèèèès (mais vraiment très) pénible qu'a été la lecture d'"Oussama", plus "court" (et plus lourd d'ailleurs), et rempli de passages de guerre(s) que, là, j'ai eu du mal à avaler...

     

    Mais bon, suffit de leur conseiller d'abord "Des fleurs pour Algernon", après ils viennent te réclamer d'autres livres SF et embarquent même les plus lourds ;-p (ou alors ça ne marche que sur mes élèves)(je tiens à préciser que je n'ai absolument pas un amour immodéré pour "Des Fleurs pour Algernon", que j'aime bien (mais pas au-delà du raisonnable), mais il marche à mort auprès des adolescents)(en fait plus auprès des adolescentes maintenant que j'y pense, j'ai pour la première fois fait chou blanc avec auprès de deux non-lecteurs d'une classe de 4ème (votre 2ème))(bref, encore une fois, je me demande pourquoi je raconte tout ça).

    8
    CanardCosmique
    Mardi 23 Août 2011 à 12:39

    Désolé pour le nombre de pages j'aurais dû vérifier.

    Tu n'es pas obligée de lire Spin ou les Chronolithes pour répondre Cachou, mais pour moi ces deux livres sont les plus représentatifs du talent de RC Wilson, c'est tout. Et Julian, aussi plaisant soit-il, ne mérite pas tous les éloges que je vois ici ou là. Pour moi il bénéficie de l'attention (voir l'indulgence) des critiques suite au succès (mérité) de Spin aors qu'il m'apparaît plus comme un livre mineur (malgré la taille !) dans son oeuvre.

    Tiens je viens juste de recevoir le livre à la boutique, il fait beaucoup moins pavé que ce que j'avais en mémoire (j'ai lu le livre tout début juillet), donc je retire ce que j'ai dit. (et 600 pages je comprends mieux pourquoi je l'ai lu si vite). 

    9
    Mardi 23 Août 2011 à 17:21
    LesLecturesdeCachou

    Bon, il faut dire que j'ai l'art aussi d'aimer les romans mineurs de Wilson, mon préféré étant pour l'instant "Les fils du vent", que les autres n'apprécient apparemment pas. Donc je ne suis pas représentative du lectorat de cet auteur. Mais peut-être que d'autres lecteurs, comme moi, apprécient ses romans mineurs, d'où l'"indulgence" (qui n'en est pas en ce qui me concerne) de certaines personnes envers ce livre qui semble les avoir sincèrement séduites... non?

     

    Mais je maintiens que même si c'est un  livre mineur du monsieur (chose discutable selon les goûts, même si je ne la remet pas en cause de mon côté), il fera certainement moins peur à des non-lecteurs de SF que d'autres livres de l'auteur. En tout cas, je vois plus facilement un non lecteur de SF être attiré par l'histoire d'un conquérant dans un futur ressemblant au 19ème siècle que par celle d'une terre isolée du reste des étoiles par un phénomène non-identifié (purée, je viens de réaliser que ça faisait penser à mort à l'"Isolation" d'Egan ce "Spin"... O_O). Je répète: pour moi, plus accessible au public ne veut pas dire - du tout - de meilleure qualité mais bien contenant une histoire qui fera moins peur à ce public, plus à même de l'attirer en tout cas. Je ne sais pas pourquoi ça tourne au débat sur la qualité de "Julian" par rapport à "Spin", là n'est pas du tout le propos quand on parle d'accessibilité, si?

     

    Une autre analogie: "Une histoire vraie" est le film le plus accessible de Lynch. C'est, à mon humble avis, un des plus mauvais du réalisateur, mais en attendant, le sujet et la manière de filmer sont tels que le film est plius abordable pour des "non-initiés", pour des personnes qui veulent découvrir le réalisateur ou pour d'autres qui sont hermétiques aux effets de style visuels et scénaristiques et qui veulent une histoire concrète, touchante, compréhensible. Du coup, "Julian", en plus d'être le "Brooklyn Follies" de Wilson, c'est un peu aussi son "Une histoire vraie".

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